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Ils veulent nous faire vivre dans la peur, dans le repli sur soi et le chacun pour soi. N’y cédons pas et forçons notre courage. Soyons debout et unis.

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Hommage et recueillement

Hergnies - 17 Novembre 2015

Madame, Monsieur
Chers amis, chers camarades,

En préparant voici quelques jours encore notre rencontre de ce soir, nous n’imaginions pas un seul instant que la situation de notre pays, la situation de Paris, sa capitale, la situation de ses habitants, sa jeunesse, ses visiteurs et par conséquent, notre situation elle-même, puissent être si sauvagement attaquées et si impitoyablement foulées au pied.

Nous n’imaginions pas qu’elles puissent exploser comme en plein vol, sous l’effet de la plus ignoble et de la plus lâche des violences : celle d’un terrorisme fanatique surarmé, venu semer la peur et la haine, la mort et le sang dans nos rues.

Plus de 130 morts, plusieurs centaines de blessés et de traumatisés, et des milliers de vies brisées par cette tuerie... C’est un effroyable bilan qui inscrit à jamais ce 13 novembre 2015 au nombre des jours les plus tragiques de notre histoire nationale.

Nous aurions pu décider d’annuler notre rencontre.

Nous avons décidé de la maintenir pour témoigner ensemble de notre refus de céder à la violence aveugle venue frapper l’innocence, sans distinction de richesse, d’origine ou de religion. Nous avons besoin de parler, de nous réconforter et de montrer aussi notre unité, à l’image de notre peuple assumant, debout, le choc de ces tragiques événements ; et à l’image aussi des soutiens venus des peuples du monde.

Je veux redire ce soir, notre douleur ; redire la compassion qui est la notre pour toutes ces victimes qui luttent aujourd’hui pour la vie dans nos hôpitaux, et pour toutes celles et tous ceux que le deuil vient de plonger dans le plus déchirant chagrin.

Je veux redire aussi notre admiration pour tous ces hommes et ces femmes, essentiellement du service public : policiers et militaires, secouristes, ambulanciers, pompiers, hospitaliers, urgentistes,... qui se sont mobilisés et qui ont répondu présent aux heures les plus dramatiques et les plus dures de cette nuit du 13 novembre.

Je veux redire enfin notre émotion et, davantage encore, notre confiance devant ce vaste élan de solidarité qui a conduit d’innombrables passants anonymes, témoins et riverains de ce drame, à se porter spontanément au devant de la douleur pour soulager, partager, apaiser le désarroi, l’effroi, la souffrance de ceux qui s’étaient trouvés brusquement piégés au coeur de cette tourmente.

Nous partageons ce soir l’exigence des Françaises et des Français que tout soit fait pour identifier, traquer sans répit et mettre hors d’état de tuer et de nuire, les auteurs, les commanditaires de ces actes. Nous partageons cette fermeté indispensable pour détruire, terrasser l’organisation criminelle, la « bête immonde » Daech, qui arrive à surfer honteusement sur la toile en utilisant les moyens les plus modernes de la communication numérique, et qui mobilise des sommes d’argent considérables pour livrer cette guerre sans nom. Ces questions devront être au cœur du combat à mener contre cette organisation et les complicités dont elle bénéficie, liées aux commerces des armes et du pétrole.

Nous partageons aussi l’exigence que tous les enseignements soient tirés, et que soient prioritairement redéfinis les moyens d’améliorer la sécurité de nos concitoyens et de toutes celles et de tous ceux qui vivent sur notre sol.

Nous soutenons enfin, la nécessité que soient réinterrogées en profondeur, les politiques internationales qui ont conduit à ces attentats d’Ankara, de Beyrouth, et maintenant de Paris, et à ces bouleversements du monde. Parce que nous ne croyons ni à la fatalité de ces drames, ni à celle du terrorisme.

Ainsi que l’ont rappelé hier au Congrès de Versailles, les parlementaires communistes, républicains et citoyens : il faut mesurer les conséquences des guerres globales qui depuis des années, ont ensanglanté le Proche et le Moyen Orient sans rien régler des difficultés que vivent leurs peuples, et sans apaiser les tensions et les conflits qui règnent entre les Etats.

Au nom des députés Front de Gauche, André Chassaigne a dénoncé à la tribune du Congrès, les conséquences des compromis passés avec les puissances fondamentalistes de ces régions du monde, sous prétexte que l’on commerce avec elles... Le poids terrible des ventes d’armes...
Mais il a également donné comme une priorité le besoin, je le cite : « au-delà des bombes », d’assécher les masses financières considérables dont disposent Daech et la nébuleuse djihadiste.

Voilà quelques unes des missions prioritaires qu’il faudrait assigner d’emblée à la grande coalition internationale unique, placée sous l’égide de l’ONU, dont François Hollande sollicite la mise sur pied et dont nous soutenons le principe de création.

Le président de la République a annoncé le projet d’une réforme constitutionnelle et l’examen de dispositifs permettant de prolonger la durée légale de l’état d’urgence que la loi actuelle, de 1955, fixe à 12 jours.

Nous veillerons avec nos concitoyens, à ce que les dispositions qui seront élaborées et soumises à l’examen du Parlement, contribuent à offrir la meilleure des sécurités possible aux habitants de notre pays. Nous serons très attentifs à ce que les décisions adoptées garantissent également nos libertés les plus fondamentales et le respect de nos valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

J’ai évoqué l’efficacité et l’engagement, généreux et solidaire, des personnels de service public tout au long de ce drame.

Ces tragiques événements viennent rappeler qu’il n’y a pas de compromis durable possible avec l’austérité telle que l’imposent depuis trop longtemps à nos concitoyens et aux peuples européens, nos gouvernants successifs et les technocrates de la Commission de Bruxelles.

Nous avons besoin d’une armée, d’une gendarmerie et d’une police nationale fortes. Nous avons besoin de services de santé et de services de secours performants. Nous avons besoin de services d’éducation nationale à hauteur des enjeux, déterminants pour l’avenir le plus immédiat de la société française, que sont l’éveil, la scolarisation, la qualification des enfants et des jeunes, mais aussi leur éducation à la citoyenneté.

Nous avons besoin de collectivités territoriales, de communes, dotées des ressources indispensables pour répondre aux attentes prioritaires de la population, aménager la vie des communes et des quartiers, soutenir la vie associative, culturelle, sportive.

On mesure aujourd’hui toute l’importance et toute la richesse de ces centaines de milliers de bénévoles qui permettent, à leur niveau, de vivre bien ensemble, à l’échelle d’un village ou d’un quartier.

Chers amis et chers camarades,

Il est encore bien tôt pour prétendre tirer toutes les leçons de ce 13 novembre qui ne va pas cesser de nous meurtrir. Mais il en est deux, au moins, que nous pouvons et que nous devons avoir précieusement à l’esprit.

La première, c’est que si nous voulons en finir avec la barbarie, il n’est pas d’autre véritable issue que d’engager des choix politiques transformateurs affrontant courageusement toutes les dominations et toutes les inégalités. Ouvrons enfin les chemins d’une société de partage, de solidarité, de progrès pour tous et partout dans notre pays et en Europe. Les richesses existent en nombre suffisant pour permettre à chacun de vivre dignement.

La seconde, c’est que tout doit être fait pour déjouer le piège infernal de la division du peuple français, de la communauté française ; piège dans lequel ces terribles forfaits et les protagonistes de ces attentats, voudraient nous entraîner.

Refusons de toutes nos forces le poison de la division ! Rejetons, dénonçons et combattons de toute notre énergie les forces politiques et les surenchères médiatiques qui tentent d’entraîner la société française dans ce sens.

Ne cédons pas à la peur et à la haine. Gardons en nous les témoignages de ces familles qui ont perdu un proche, un enfant, une épouse ces derniers jours et qui ont déclaré avec beaucoup de dignité « ne pas vouloir laisser entrer la plus petite graine de haine en eux ». C’est le message le plus important aujourd’hui.

Ils veulent semer la haine chez nous, dans nos maisons et dans nos cœurs. Ils veulent nous voir nous opposer, nous déchirer. N’y cédons pas. Dans notre grande diversité d’opinion, de culture et de confessions religieuses, affichons notre union, notre détermination, notre attachement aux valeurs de la République Française.

Ils veulent nous faire vivre dans la peur, dans le repli sur soi et le chacun pour soi. N’y cédons pas et forçons notre courage. Soyons debout et unis.

Unis dans l’épreuve et unis pour triompher de l’obscurantisme.

C’est la plus sûre manière de donner toute son efficacité à notre rejet de la peur et de la haine. Et c’est le plus sûr moyen de peser en faveur de la construction d’un monde meilleur et plus juste qui garantisse à tous, l’accès aux droits fondamentaux comme ceux de se nourrir, de se loger, de travailler ou d’accéder à la connaissance. On mesure aujourd’hui la portée de ces enjeux. C’est la seule voie pour un monde de tolérance et de Paix donnant à chaque peuple le droit de vivre dans la dignité.

« Ils frappent l’humanité » écrivait voici deux jours un éditorialiste du journal de Jaurès.

A nous qui appelons nos concitoyens, le monde du travail, la jeunesse du Nord Pas de Calais et de Picardie à se rassembler sous la bannière de l’Humain d’Abord !, cela donne une responsabilité et donc une détermination supplémentaires.

L’Humain d’Abord ! C’est plus que jamais dans ces heures angoissantes et sombres, le sens et l’horizon neuf de notre engagement et de nos combats.

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