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Des services publiques accessibles et efficaces

La santé n’est pas une marchandise !

L’accès à des soins de qualité pour tous doit être la base d’une politique régionale de santé

Il est temps d’inverser la tendance, de passer du constat à l’action, en agissant autant sur le plan national que régional. Ici, on meurt plus jeune qu’ailleurs. Va-t-on accepter encore longtemps ce constat ?

Le déremboursement massif des médicaments, la casse du service public hospitalier, les dépassements d’honoraires ont des conséquences dramatiques pour ceux qui ont difficilement les moyens de se soigner.

La réforme territoriale rend plus difficile la mise en place de politiques de santé par la région. Pourtant, c’est parce qu’ici plus qu’ailleurs on connaît la précarité, l’exclusion, les conditions de vie difficiles... que nous avons besoin d’agir.

Remplacer les baisses de crédits par des investissements :

Le Ministère de la Santé a annoncé vouloir faire des économies dans la santé et à plus forte raison dans les hôpitaux publics. Dans notre région, ce sont 33 millions d’euros qui devraient être économisés, alors même que les besoins sont déjà criants. Il manquerait aujourd’hui plus de 50 millions d’euros pour les seuls hôpitaux, où les conditions de travail et de soins se détériorent.

Par ailleurs, en termes de financement, la méthode de calcul pose problème : la loi Hôpital, Patient, Santé, Territoire, ou loi Bachelot, posait le principe de la tarification à l’acte (TAA), c’est-à-dire que le ministère établit un prix pour chaque acte pratiqué, et finance les établissements au nombre d’actes.

Ce que dénoncent les soignants, c’est d’une part la fixation de ces prix, sans rapport avec le temps effectif de travail nécessaire, et la disparité entre prescripteurs. Si un hôpital public fait beaucoup de petites interventions peu rémunérées et pourtant gourmandes en équivalent temps plein (ETP), tandis que son voisin s’est spécialisé dans la chirurgie, fortement rémunérée, l’un des deux sera en déficit. Pourtant, les premiers soins sont plus importants, au sens où ils permettent un tri et une orientation plus efficaces.

Le problème est que la loi Touraine, actuellement à l’étude au parlement, renforce les mécanismes inégalitaires de la loi Bachelot, en créant en plus des « territoires de santé ».

Il faut cesser les économies dans la santé, embaucher et investir, surtout en Nord - Pas-de-Calais - Picardie, en investissant dans la prévention, les hôpitaux de proximité (plutôt que de menacer ceux qui existent). Nous devons aller vers la création d’un CHU au cœur du bassin minier dans le Pas-de-Calais.

Redonnons des moyens à l’hôpital public plutôt que de supprimer des personnels et des lits ! Parlons Santé avant de parler argent, parlons Humain avant de parler quotas.

Garantir l’accès au soin 

La couverture santé du territoire ne tient pas compte des conditions socio-économiques des personnes qui le composent. Ainsi, on voit que dans l’ouest du bassin minier, des centres de santé Carmi (protection sociale des mineurs) qui se regroupent pour cause d’économie, alors même qu’une part non négligeable de la population n’est pas mobile. Plus que jamais, nous refuserons la fusion et la fermeture de ces centres de santé du régime minier sérieusement menacés.

Le problème de la santé de proximité se pose également en ruralité. Nous proposons le développement de maisons de santé pluridisciplinaires.

Il est donc indispensable de penser la santé comme un élément d’aménagement du territoire, en connexion avec les transports, au plus près des besoins, quitte à assouplir les structures, pour garantir un accès simple pour tous, sans avoir à ajouter au coût du soin le coût du transport. Cette sur-dépense pousse à retarder le recours aux soins, jusqu’à la prise en charge par les pompiers ou ambulanciers, ce qui peut aggraver les pathologies.

Par ailleurs, le développement de l’ambulatoire pose un problème financier et politique. Financier parce que les soins et le transport à domicile coûtent finalement plus cher, mais à la Sécurité sociale et non plus à l’hôpital. Et politique parce que d’un service public hospitalier on passe à une privatisation des soins par les infirmiers de ville.

Le cadre régional est donc essentiel pour construire cet aménagement du territoire sanitaire, en supervisant/coordonnant les différents acteurs comme l’Agence régionale de santé, les hôpitaux, les collectivités, etc.

Nous travaillerons au développement des centres de santé, de planification et d’IVG, ainsi qu’à l’incitation des médecins et des spécialistes à s’installer en zone rurale.

Le développement des services publics

Redonner des moyens à la CARSAT et à la CPAM notamment en formant et en embauchant des agents. Les retards sont dus en majeure partie au manque de personnel. Il faut pour l’avenir investir dans l’accueil des personnes âgées, des personnes handicapées, dans l’aide à domicile. Là aussi, nous devons faire « dans et avec l’humain » avant tout. Nous devons lutter contre la déshumanisation de nos services publics.

Doter le territoire d’outils adaptés

Dans une région qui concentre beaucoup de victimes de l’amiante, une cartographie complète des sites pollués doit être effectuée, les salariés et habitants victimes de l’amiante doivent être accompagnés et défendus.

Mettre un Tep Scan [1] à Dunkerque et dans tous les arrondissements qui en ont besoin. Ce constat est valable pour tous les équipements dès lors qu’il y a une exposition particulière des territoires à des pathologies.

Faire un effort de contractualisation avec les étudiants en médecine

La région rassemble plusieurs facultés de médecine. Toutefois, l’implantation des médecins fraîchement formés laisse à désirer. Il pourrait être opportun de mettre en place une contractualisation régionale entre les médecins et la région, par spécialité, afin de simplifier leur implantation et de maintenir une présence sur les territoires. Un effort devra être fait aussi et surtout sur la médecine du travail, qui est en difficulté et représente un enjeu majeur de la santé en général.

Notes :

[1Le TEP SCAN (Tomographie par Émission de Positons) ou PET SCAN est une technique d’imagerie fonctionnelle qui utilise principalement comme traceur le FDG (FluoroDeoxyGlucose), analogue du sucre, qui a pour caractéristique d’aller se fixer préférentiellement sur les cellules tumorales, permettant ainsi de les repérer.

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La liste L'humain d'Abord ! est un rassemblement citoyen pour une gauche combattive et écologiste dans notre région. Elle s'inscrit dans le cadre du Front de Gauche.
Elle est soutenue par les partis politiques suivants :